Albert le Grand

Formation et éducation

Saint Albert le Grand ou Albert Magnus, de son vrai nom Albrecht von Bollstädt, est né entre 1193 et 1206 à Lauingen en Souabe (région historique d’Allemagne située entre la Bavière et le Bade-Wurtemberg). Il est décédé le 15 novembre 1280 à Cologne. Issu d’une famille noble, il part faire ses études en lettres et en médecine en Italie du Nord où il intègre en 1223 à Padoue l’ordre Dominicain aussi connu sous le nom d’ordre des Prêcheurs, malgré les réticences de sa famille.

En 1228, il poursuit ses études et part à Bologne pour se consacrer à la théologie. C’est lors de cette même année qu’il commence à enseigner tout en menant ses recherches personnelles. Sa mission d’éducation le mène a professer à Hildesheim, à Fribourg-en-Brisgau, à Ratisbonne, à Strasbourg et finalement à Paris, dès 1241, où il devient maitre de théologie au couvent dominicain du Collège des Jacobins, situé rue Saint Jacques. Alors qu’il enseigne à Paris, il y rencontre son disciple et ami, encore jeune élève à l’époque, Saint Thomas d’Aquin. En 1248, Albert le Grand retourne à Cologne, suivi par son élève Saint Thomas d’Aquin, pour y fonder l’Ecole supérieure de théologie dont il sera le maitre régent jusqu’en 1254.


Albert Magnus : L’homme de foi

L’année 1254 marque aussi pour lui son rappel à l’obéissance de l’Eglise Catholique. Aussi, cette même année, l’Eglise le charge de la fonction d’élu provincial et il se voit donc dans l’obligation de veillez au bon fonctionnement des monastères de la région de Germanie. Il est finalement libéré de ses fonctions en 1257 et décide de repartir enseigner à Cologne.

Peu de temps après, en 1260, le Pape Alexandre IV (élu au pontificat de 1254 jusqu’en 1261) le nomme Evêque de Ratisbonne. Il accepte à contre-coeur la fonction mais ne fait guère l’unanimité dû à sa manière de vivre pauvrement, modestement et sans faste. Sa volonté et son désir le poussant à se consacrer à la recherche et à l’enseignement, il demande, trois ans plus tard, au Pape Urbain IV (élu au pontificat de 1261 à 1264) la permission d’abandonner ses charges. Sa demande est acceptée mais Albert le Grand est tout de même maintenu à la curie où il est chargé de relancer « en Allemagne, Bohême et autres pays de langue allemande », la septième croisade, qui s’était terminée en 1254, et ce jusqu’en octobre 1264. Aussi, une fois sa mission achevée il repart enseigner à Würzbourg, à Strasbourg ainsi qu’à Cologne où il finira sa vie.

Saint Albert le Grand : L’homme de savoir

Au cours de ses voyages et de ses différents postes Albert le Grand n’a jamais cessé ses recherches. L’un de ses travaux principal, et le plus connu certainement, fut de rendre accessible les écrits d’Aristote alors fraichement redécouverts en Europe au cours du XIII ème siècle grâce aux traductions arabes. La grande préoccupation était pour lui, ainsi que pour l’Eglise catholique, de diffuser et d’adapter et d’harmoniser la sagesse de la pensée païenne d’Aristote à la pensée chrétienne. Aussi ce travail philosophique l’emmena à commenter et à enseigner les écrits d’Aristote et, plus largement, cela contribua à la rediffusion des philosophes grecs en Europe.

Loin de se consacrer exclusivement à la pensée philosophique, Albert le Grand entreprend aussi un travail scientifique minutieux en rédigeant l’encyclopédie zoologique De animalibus qui comprend un classement de la faune et de la flore d’Europe du Nord, alors peu connu à l’époque. De plus, on y trouve aussi des descriptions détaillées du système de reproduction de certains insectes et animaux. Cet ouvrage achevé vers 1270 est composé de pas moins de 26 livres dont les 19 premiers sont des commentaires au De animalibus d’Aristote. Dans la même lancé, Albert le Grand rédige deux autres encyclopédies similaires, l’une portant sur les minéraux (le De mineralibus) et l’autre sur les végétaux (le De vegetabilibus)dans laquelle il étudie plus particulièrement le rôle de la lumière et de la température sur l’évolution et la croissance des végétaux.

Albrecht von Bollstädt : Son oeuvre

Bien plus qu’un homme qui s’est illustré par sa foi fervente, Albert le Grand fut aussi un grand penseur qui a grandement enrichi le savoir et les dogmes de l’Eglise catholique de son temps. Il a su alimenter et joindre la pensée chrétienne aux pensées philosophiques et scientifiques de l’époque. Sa curiosité et sa soif de connaissance le poussèrent aussi à entreprendre de nombreux travaux de recherches et d’écritures approfondis au service de l’éducation. Ainsi, ce sont pas moins de 74 oeuvres qui sont aujourd’hui reconnues authentiques et écrits de sa main.
Reconnu pour sa sagesse et sa dévotion il est béatifié en 1622 par Grégoire XV. Quelques siècles plus tard, en 1931, Pie XI le canonise et le proclame Docteur de l’Eglise universelle. Son tombeau se trouve aujourd’hui à l’église Saint-André de Cologne.